Présentation du GDR 3658

Médiation chimique dans l’environnement – Ecologie Chimique

(MediatEC)

 

Le GDR 3658 du CNRS intitulé MediatEC rassemble les groupes de recherche français autour d’une thématique commune, l’écologie chimique. Ce GDR a vu le jour en 2014 lors du rassemblement de deux communautés de chercheurs : i) des biologistes, microbiologistes et écologues étudiant majoritairement le monde terrestre ii) des chimistes des substances naturelles étudiant majoritairement le monde aquatique.

Les principales raisons justifiant ce rapprochement ont été :

  • Les biologistes et microbiologistes ont besoin des connaissances du chimiste pour caractériser les molécules à l’origine de la communication chimique étudiée. De façon générale, leur expertise en chimie structurale n’est pas toujours suffisante pour parfaire l’identification de ces médiateurs, surtout lorsqu’il s’agit de molécules très complexes. De plus et malgré des apports importants à l’écologie chimique, l’avènement d’approches globales en métabolomique a mis en évidence les difficultés liées à l’identification des médiateurs présents dans des mélanges ;
  • Du côté des chimistes des substances naturelles, souvent tournés vers l’identification de substances aux propriétés olfactives, cosmétiques ou pharmaceutiques, cela représente une opportunité de mieux comprendre le rôle de ces molécules dans leur environnement naturel à travers des interactions fructueuses avec leurs collègues écologues ;
  • Un lieu d’échange entre chercheurs des domaines marin et terrestre est également une vraie valeur ajoutée pour les deux domaines et permet de renforcer la visibilité internationale de cette thématique relativement jeune en France ;
  • Enfin, l’écologie chimique se développe aujourd’hui autour d’infrastructures de grande ampleur, telles que les observatoires ou les écosites, et elle s’appuie sur le développement des sciences omiques qui nécessitent aussi des plateformes couteuses. La structuration en GDR soutenu par le CNRS est une condition sine qua non au développement et au maintien de ces infrastructures.

 

La principale raison qui a justifié son renouvellement pour 2018-2022 est le succès incontestable de nos rencontres (Bilan des axes 2014-17), et le GDR a sans aucun doute permis à la recherche française de rester compétitive dans le domaine de l’écologie chimique. Après avoir réussi à fédérer des domaines aussi divers que l’écologie, le biocontrôle, ou encore la chimie des substances naturelles, les bénéfices en termes de résultats scientifiques amis aussi de projets collaboratifs et de visibilité internationale sont également incontestables. Un nombre croissant de biologistes/microbiologistes sont convaincus de l’apport de la chimie des substances naturelles pour répondre à leur question au niveau moléculaire. De l’autre côté, les chimistes tirent de nombreux avantages de l’interaction avec des biologistes, en particulier pour donner un sens écologique ou taxonomique aux métabolites qu’ils caractérisent dans les organismes vivants et ainsi ajouter de la valeur écologique à leurs données issues de la chimie analytique.

Même si ces 4 années ont été un réel succès pour cette première phase du GDR, il convient de poursuivre l’effort pour récolter les fruits de ces échanges :

  • Même si des plateformes en métabolomique ou sciences omiques ont vu le jour, une meilleure intégration de notre communauté au sein de la structure nationale Metabohub est nécessaire et le GDR pourra y contribuer en particulier pour répondre aux questions clés de l’identification de biomarqueurs écologiques. La construction de bases de données nationales de standards en écologie chimique aussi bien terrestre que marin doit être fortement soutenue par le GDR pour faciliter ces identifications ;
  • Les études des voies métaboliques requièrent une vraie multidisciplinarité et les rencontres du GDR vont contribuer à les transformer en projets d’envergure internationale, permettant des applications très prometteuses en synthèse biologique mais aussi en synthèse chimique biomimétique ;
  • La contribution du monde microbien aux interactions entre individus devient incontestable et des efforts sont nécessaires en microbiologie et écologie chimique pour mieux comprendre les relations hôtes symbiontes par exemple ;
  • Le développement du biocontrôle est en plein essor et le GDR est un lieu parfait de rencontre pour ce genre de questions liées directement à des questions en écologie chimique en particulier sur l’apport de substances naturelles pour contrôler les proliférations de parasites aussi bien en agriculture qu’en aquaculture. Un accent particulier sera donc mis sur des approches plus appliquées de l’écologie chimique ;
  • Des rencontres entre petits groupes de recherche pour répondre à des questions et appels à projets liés au changement global, aux espèces invasives et à la place de la médiation chimique sont à favoriser ;
  • Enfin, des efforts doivent être maintenus pour contribuer à la création de nouveaux écosites en vue d’étudier in situ les interactions entre organismes. Pour cela le marin devra s’inspirer des efforts qui sont faits dans le monde terrestre ;
  • Des rencontres avec des acteurs du domaine en Europe seront renforcées pour aboutir à la rédaction de projets européens (COST, Era-Net, Interreg, H2020…).